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samedi 15 mai 2010

CURIOSITÉS

G.BRUNO A ÉCRIT:

CXIII. – Les Halles et l'approvisionnement de Paris. – Le travail de Paris.

Villes et champs ont besoin les uns des autres. L'ouvrier des villes nous donne nos vêtements et une foule d'objets nécessaires à notre entretien ; le travailleur des champs nous donne notre nourriture.

On se trouvait tout près des Halles centrales, l'oncle Frantz y conduisit les enfants. Il était neuf heures du matin, c'est-à-dire le moment de la plus grande animation. Julien n'en pouvait croire ses yeux ni ses oreilles.
– Oh ! oh ! s'écria-t-il, c'est bien sûr une des grandes foires de l'année ! Que de monde ! et que de choses il y a à vendre.
L'oncle se mit à rire de la naïveté de Julien.
– Une foire ! s'écria-t-il ; mais, mon ami, il n'y en a jamais aux Halles ; le bruit et le mouvement que tu vois aujourd'hui sont le bruit et l'animation de chaque jour.
– Quoi ! c'est tous les jours comme cela !
– Tous les jours. Il faut bien que ce grand paris mange. Songe qu'il renferme deux millions et demi d'habitants, dont plus d'un demi-million d'ouvriers qui travaillent avec
courage depuis l'aube jusqu'au soir. Tous ces habitants, en revenant du travail, de leurs affaires, de leurs plaisirs, ont bon appétit et espèrent trouver à dîner.
– Oh ! dit le petit Julien, ils auront certes de quoi le faire. Jamais depuis que je suis au monde je n'ai vu en un seul jour tant de provisions. Regarde, André, ce sont des montagnes de choux, de salades : il y en a des tas hauts comme des maisons ! Et des mottes de beurre empilées par centaines et par mille !
– Sais-tu, dit André, ce qu'il faut à peu près de bœufs et de vaches pour nourrir Paris pendant un an ? J'ai vu cela dans un livre, moi : il faut deux cent mille bœufs ou vaches, cent mille veaux, un million de moutons et cent mille porcs, sans compter la volaille, le poisson et le gibier.
– Mais, dit l'enfant, ce Paris est un Gargantua, comme on dit ; où trouve-t-on tous ces troupeaux ?
– Julien, dit l'oncle Frantz, ces armées de troupeaux arrivent à Paris de tous les points de la France : Paris a sept gares de chemin de fer ; il a aussi la navigation de la Seine à laquelle aboutissent les réseaux des canaux français. Par toutes les voies les provisions arrivent. Tiens, regarde par exemple cet étalage de légumes : il y a là des choses qui ont passé la mer pour arriver à Paris ; voici des artichauts, penses-tu qu'il puisse en pousser un seul en ce moment de l'année dans les campagnes voisines de Paris ?
– Non, il faut encore trop froid.
– Eh bien, Alger où il faut chaud envoie les siens à Paris, qui les lui paie très cher. Ces fromages viennent du Jura, de l'Auvergne, du Mont-d'Or, que tu te rappelles bien ; ces montagnes de beurre, ces paniers d'œufs viennent de la grasse Normandie et de la Bretagne : Paris mange chaque année pour plus de vingt millions de francs d'œufs environ, ce qui suppose trois cents millions d'œufs.
– Mon Dieu, dit Julien, que de monde est occupé en France à nourrir Paris !


"Le tour de la France par deux enfants", 1877.
Ce livre est un manuel scolaire qui a été écrit par Mme Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno. Il a été réédité près de 400 fois et a servi pendant près de 50 ans de manuel scolaire à plusieurs génération d'enfants!
Voir une présentation plus complète du livre .

mardi 26 janvier 2010

CURIOSITES
















...À LA CONQUÊTE DE NOUVEAUX MONDES, POUR QUELQUES JOURS!

mardi 23 juin 2009

CURIOSITÉS

LES ÉPICES


...........Au Moyen-Âge, les épices désignaient bien plus de choses qu'aujourd'hui, non seulement les aromates d'assaisonnement, mais aussi toutes les confiseries, très goûtées alors, et dégustées à table, en général à la fin du repas. Ainsi les dragées, les confitures, les bonbons, les nougats, les massepains, les fruits confits étaient des épices. Tout le problème était d'agrémenter au mieux une cuisine lourde, monotone et fade. On distinguait donc les épices de chambre qu'on avait toujours à portée de la main, même en dehors des repas, et les épices de cuisine qui servaient à relever les mets. Pas de recettes de cuisine sans une quantité incroyable d'épices, selon Taillevent : gingembre, cannelle, girofle, graine de paradis, poivre long, espic, poivre rout, fleur de cannelle, saffran, noix muguette, feuilles de laurier, garingal, mastic, commin... cubèbe, sumac, carvi, fenouil, anis, curcuma, cardamone, muscade et macis. D'ailleurs on épiçait encore à table avec une rape spéciale, l'esmieure en fer blanc, en argent ou en vermeil, selon le train de vie.
..........On consommait donc beaucoup d'épices, elles étaient rares et très chères.Toute l'histoire des grands voyages et des grandes découvertes maritimes du XVI siècle a pour base la recherche d'une route plus commode et moins coûteuse. C'était un luxe peu accessible et offrir des épices une générosité appréciée. On en faisait cadeau aux souverains de passage, aux grands personnages, aux hôtes de marque. C'est ainsi que fut prise l'habitude, normale au début, abusive par la suite, d'en offrir au juge qui avait résolu favorablement un litige. De simples gages de remerciement, les épices devinrent peu à peu, au cours des siècles, un moyen de corruption.
..........Celui qui commença, sans doute, fut cet abbé de Saint-Gilles qui, en 1263, demanda une faveur à Louis le Jeune, en accompagnant son placet d'un cornet d'épices. Cette délicate attention fit école et sous Louis XI, le futur Saint Louis, il s'agissait déjà d'une plaie sociale, puisque le roi dut interdire aux juges de recevoir plus de dix sous d'épices par semaine. Philippe le Bel ne leur permit rien au- delà de ce qu'ils pouvaient consommer journellement, eux et leur famille.
..........Comme tous ces magistrats avides d'épices devaient envier le célèbre et fastueux banquier allemand Fugger, qui offrit un exemple inouï de dilapidation en brûlant une reconnaissance de dette de Charles Quint- ce qui était déjà magnifique- avec un fagot de cannelle!
.........Au XIV siècle, les épices devenant peut-être un peu moins rares- les Croisades étaient passées par là- une coutume plus mauvaise encore s'établit: au lieu d´épices, on donna de l'argent aux juges. On les rétribua dons en espèces sonnantes. Le mot "épices"changea de sens, et espèces signifia dès lors argent dans l'expression "payer en espèces". Avec cette conversion en monnaie, les présents aux magistrats cessèrent d'être un don pour devenir un dû.

André CASTELOT, L'histoire à table, 1972.

mardi 26 mai 2009

CURIOSITÉS

RETROUVEZ ET "TREMPEZ" LA SOUPE DE VOS ANCÊTRES!

........Refaire la soupe de vos ancêtres ne sera pas facile, même si la recette est simple, puisqu'elle contient essentiellement de l'eau, du pain, du lard et des légumes.
........L'eau: ne prenez pas n'importe quelle eau! Il faut de l'eau de source, mais non pas celle acheté en bouteille à Monoprix: celle que nos ancêtres puisaient à leur source, avec un seau douteux, au milieu des herbes, dans les prés émaillés de bouses de vache. Pour essayer de l'obtenir, mettez de l'eau de source "Monoprix" dans un récipient, ajoutez-y quelques herbes ramassées au square du coin, éventuellement une ou deux araignées d'eau et une sangsue et laissez-la reposer quelques jours, de préférence, à la cave.
........La préparation: faites-la chauffer, longtemps dans une marmite de fonte bien culottée, qui ne doit en aucun cas sortir de votre lave-vaisselle. Pour cela,vous aurez pu quelques jours durant y faire séjourner de l'eau de vaisselle( attention, l'eau d'une vaisselle faite sans le moindre produit ménager!).
........Les ingrédients: après avoir soigneusement éliminé araignées et sangsue, mettez-y des légumes, non découpés, en évitant évidemment les pommes de terre. Préférez poireaux, fêves, choux, navets, oignons, sans oublier un bon bouquet d'herbes( persil, estragon, thym...). Laissez mijoter longtemps. Ajouter-y du lard, de préférence maigre et surtout très rance et fumé comme celui de nos ancêtres qui séchait, des mois durant, pendu au dessus de l'âtre. Salez très modérément.
........Le pain: faute de mieux, prenez un pain de seigle rassis d'au moins quinze jours, et découpez-le en tranches épaisses. Disposez ces tranches dans des écuelles individuelles, que vous aurez préparées de la même façon que la marmite. "Trempez" votre soupe en versant délicatement le bouillon sur ces tranches. Ajoutez-y, selon votre goût, un filet d'huile d'olive ou un œuf entier.
........Notre conseil: avant de consommer, bien se chauffer les mains au contact de l'écuelle. Déguster à la cuiller qui, si la recette a été bien suivie, ne doit pas bouger lorsque vous l'aurez plantée dans votre soupe. Pensez très fort à vos ancêtres et servez avec un Kiravi 9º allongé d'une cuiller à café de vinaigre de vin vieux.

JEAN-LOUIS BEAUCARNOT, Qui étaient nos ancêtres? De leur histoire à la nôtre,2002.

mardi 28 avril 2009

CURIOSITÉS

LA VIOLETTE PASSE À TABLE:


...............Il existe à Toulouse, sur le canal du midi une péniche dédiée à la fleur reine de cette cité : la violette.
Hélène Vié nous y fait découvrir la Violette Gourmande à travers des recettes goûteuses et délicates.
C'est ainsi que de l'apéritif au dessert, la Violette se décline sous toute ses formes: moutarde, vinaigre, sucre, fleur cristallisée, confiture, gâteau, miel, thé, infusion...

Ainsi, peut-on la trouver tout au long d'un repas:

En apéritif:
- Kir impérial à la violette,

En entrée:
- Rouleaux de saumon à la violette,
- Filets d'anchois marinés à la violette,
- Toast d'émincés de canard à la violette,

En plat:
- Brochettes d'ananas et poulet à la violette,
- Endives et fromage à la violette,
- Minis bouchées de pomme et foie gras à la violette,

En dessert:
- Coupe surprise!

Cependant, le nec-plus-ultra de ses préparations reste le :

Foie gras frais de canard poêlé à la Violette,

dont voici la recette dans le détail:
-Faire cuire au beurre une tranche épaisse de foie ( 1.5 cm ) par personne pendant 2' maximum sur chaque face,
-Réserver sur une assiette et saler,
-Continuer en mettant dans la même poêle une cuillère à soupe de Confit de pétales de Violette par tranche de foie,
-Porter à feu vif en remuant 1',
-Ajouter une cuillère à café de Vinaigre de Violette et une cuillère à café de Sirop concentré de Violette, puis remuer,
-Disposer dans la poêle le foie gras cuit pour qu'il s'imprègne du mélange confit-vinaigre-sirop encore chaud, et ce pendant 30 secondes.
-Ce plat peut s'accompagner de carottes tranchées cuites à la vapeur ou de pommes de terre "Vitelotte" à chair violette.
Bonne préparation et surtout bonne dégustation!

Bravo et merci à Hélène Vié d'avoir remis à l'honneur cette modeste fleur et d'en avoir modernisé son utilité pour notre plus grand plaisir gustatif.

La maison de la Violette

La péniche

Article libre de toute publicité.

mardi 31 mars 2009

CURIOSITÉS


À TABLE HENRI IV !

....Henri ne dédaigne pas non plus les plaisirs de la table:
....- Si j'aime la table et la bonne chère, explique-t-il, c'est pour m'égayer l'esprit.
....Il affectionne la garbure- soupe pyrénéenne aux choux et aux cuisses d'oie- accompagnée de pain de seigle. Il aime les melons jusqu'à s'en rendre malade. Néanmoins il affirme:
....-Ils ne me font jamais de mal quand ils sont forts bons et que je les mange avec grand faim, et avant la viande comme l'ordonnent les médecins.

....Ses goûts simples ne l'empêchent pas d'apprécier des mets plus élaborés, comme l'esturgeon "déguisé en viande de veau", à la façon de l'époque, les huitres servies pochées et chaudes, les pâtés de héron, le jambon de Bayonne salé au sel de la fontaine de Saliès, les pâtés de foie de canard, les perdrix rouges et, surtout, les oies de Béarn confites dans leur graisse. Il ordonne à son gouverneur de lui en faire parvenir"les plus grandes que vous pourrez recouvrer, recommande-t-il, de sorte qu'elles fassent honneur au pays". Son vin préféré est, bien sûr, le Jurançon que, par crainte du poison, un gentilhomme doit goûter après avoir soulevé le couvercle du gobelet royal. Un jour, par distraction, l'échanson vide le contenu entier du verre: Henri IV le regarde en riant :
....-Au moins, mon compère, s'exclame -t-il, auriez -vous dû boire à ma santé!

....La viande du roi arrive en procession des cuisines en empruntant le Grand Degré, et en traversant la salle des gardes. Le roi, plus souvent qu'il ne le faisait autrefois, laisse passer quelques plats. Il demande un jour à son vieil ami Antoine de Roquelaure"pourquoi il avait si bon appétit quand il n'était que roi de Navarre et qu'il n'avait quasi rien à manger, et pourquoi, à cette heure qu'il était roi de France, il ne trouvait rien à son goût"?
....-C'est, répondit Roquelaure, qu'alors vous étiez excommunié et qu'un excommunié mange comme un diable!
.... Et les deux homme d'éclater de rire!

ANDRÉ CASTELOT, Henri IV Le passionné, 1986.

jeudi 26 février 2009

CURIOSITÉS


MENU CONTRE LA GRIPPE


1er jour
Au déjeuner : Aïlloli; au dîner : bouillabaisse légère; Châteauneuf-du-Pape.

2e jour
Au déjeuner : bourride: au dîner : soupe à l'ail, même vin.

3e jour
Matin et soir : pot-au-feu; Beaujolais ou Bourgueil.

4e jour
Si vous n'êtes pas guéri, mangez hardiment à déjeuner une côtelette arrosée d'un petit bordeaux rouge, et si vous êtes guéri, mangez-en deux.



ANDRÉ CASTELOT, L'histoire à table, 1972 . Menu contre la grippe de Léon Daudet.

dimanche 25 janvier 2009

CURIOSITES


A TABLE FRANCOIS!


François suivi de sa cour fort nombreuse, a assisté à la messe vers dix heures. Le déjeuner aura lieu à midi.
Dans la grande salle du château, on a répandu sur le sol des herbes odoriférantes.
L'huissier entre suivi des officiers serveurs. L'écuyer tranchant apporte dans une vasque les couteaux, puis, les viandes sont apportées par le maître d'hôtel et l'officier chargé du pain. Ces viandes sont des rôtis, des pièces de venaison, des volailles, des pâtés, des hachis, le tout somptueusement, artistiquement présenté. On trouve aussi des potages, des poissons. Gingembre, cannelle, muscade relèvent les plats.
Une nouveauté: on mange dans des assiettes en faïence qui remplacent les écuelles de bois et les plats en métal. Cependant, il manque encore la fourchette à deux dents qui ne fera son apparition qu'à l'époque de Henri III qui l'a découverte à Venise.

"L'Histoire de France" de Jean-Joseph Julaud.

dimanche 30 novembre 2008

CURIOSITES

CHAPITRE SIXIÈME

LA TABLE


I-De la Sobriété et de l'Intempérance.

La gourmandise, défaut des âmes sans étoffe, est nuisible à l'esprit et au corps. Elle alourdi l'intelligence, affaiblit la volonté, rend égoïste, colère, paresseux. ...
...
la gourmandise est la passion dominante des enfants; loin de la favoriser, il faut la combattre. On doit leur donner, à des heures fixes, une nourriture saine, abondante et simplement préparée. Les mets fortement épicés, le vin pur, le café, les liqueurs, tout ce qui est trop excitant leur est contraire, à moins qu'ils ne soient rachitiques ou scrofuleux.
Il faut de bonne heure les habituer à manger avec propreté, et leur rappeler souvent qu'à table, comme partout ailleurs, la politesse exige que l'on s'oublie soi-même pour faire plaisir à autrui.

La sobriété, définie par La Rochefoucault: l'amour de la santé, est le moyen par excellence pour perfectionner son intelligence et se préserver de la plupart des passions et des maladies.
C'est la grande recette des personnes qui meurent à un âge avancé.

Un célèbre médecin, se rendant à la cour du roi de Perse, demanda quel était le régime suivi à la table royale. On y mange quand on a faim, et jamais de manière à satisfaire complètement son appétit.- En ce cas, répondit le médecin, je n'ai rien à faire ici, et il se retira.

Gaîté, doux exercices et modeste repas:
Voilà trois médecins qui ne trompent pas.

Le bœuf, au sein des plus gras pâturages, sait se modérer; le vautour rassasié n'achève point sa proie; l'homme seul, de tous les êtres vivants, abuse de la nourriture et de la boisson.

F.G-M, Manuel de politesse à l'usage de la jeunesse, Début du XX siècle.

lundi 29 septembre 2008

CURIOSITÉS

A TABLE CHARLEMAGNE!

On annonce le repas principal- le souper- au son du cor. Charlemagne, à table, va manger seul, mais sera servi par les ducs, chefs ou rois qui sont présents.

On entend d'abord les fifres qui ouvrent la voie au premier service: des salades à la guimauve et au houblon, des légumes.

Fifres et tambourins!
Voici le deuxième service: de gros pains ronds supportent une pyramide de viandes de toutes sortes, il s'agit souvent de gibier provenant de la chasse de l'empereur.
Lorsque les convives s'attableront à leur tour, ils auront pour assiette le tranchoir, une tranche de pain sur laquelle leur est servie la viande.

Après les viandes vient le fromage que Charlemagne adore.
Et puis on passera aux fruits.

Tout cela s'est déroulé sur un fond de lecture, notamment celle de " La Cité de Dieu "de Saint Augustin, dont Charlemagne raffole autant que du fromage.

JEAN-JOSEPH JULAUD, L'Histoire de France, 2004.

lundi 8 septembre 2008

CURIOSITÉS

VIN ET DÉCLIN

L'Empire romain est-il mort du saturnisme?

Les romains aimaient le vin et ils en buvaient de prodigieuses quantités. Ainsi, ils s'intoxiquaient sans le savoir avec le plomb revêtant l'intérieur des jarres, plomb rongé par l'acidité du vin.
Pour le Docteur S. C. Gilfillan, le plomb ainsi consommé est le grand responsable du déclin de l'Empire romain. Il soutien que l'intoxication par le plomb ou saturnisme, frappa tout particulièrement les classes dirigeantes, du fait de leur grande consommation de produit de luxe dont le vin, conservé dans de belles jarres doublées de plomb.
Ce produit était trop cher pour les Romains de condition modeste et les esclaves. Il affirme, de plus, que l'eau qui circulait par les tuyauteries et qui était consommée par l'aristocratie romaine était plus dangereuse que celle, très chargée en calcaire consommée par les paysans pauvres.
Selon Gilfillan, l'année cruciale du déclin et de la chute fut 150 après J-C., où l'on accorda pour la première fois aux femmes le droit de boire du vin. L'accumulation progressive de plomb dans leur organisme, due alors à la consommation de vin, réduisit leur fertilité, et les rares enfants qu'elles mirent au monde ne furent plus que des créatures chétives et apathiques.
Dès lors, la classe dirigeante perdit sa vigueur et son emprise sur l'empire.
On sait aujourd'hui que le plomb affecte le cerveau, les muscles et les nerfs et qu'il provoque l'anémie.

Extrait de " Le saviez-vous?"
Publication du Reader's Digest

lundi 18 août 2008

CURIOSITÉS


LE MIRACLE DU COQ ET DE LA POULE

La cathédrale de Santo Domingo de la Calzada est la seule église au monde où un coq et une poule sont l'objet de la contemplation (presque de la vénération) des pèlerins, touristes et visiteurs. Ils témoignent concrètement d'un miracle réalisé par le saint... deux siècles après sa mort.

La tradition rapporte en effet, qu'en ce XIVº siècle, où les Jacquets cheminaient de l'Europe entière vers Compostelle, un couple de pèlerins allemands, accompagné par leur fils prénommé Hugonell, fit halte dans une auberge de la ville. La servante s'éprit du jeune Hugonell... qui repoussa ses avances. Pour se venger, elle cacha une coupe en argent dans la besace du jeune homme. Après son départ, elle s'en vint crier au vol auprès du juge local. En dépit des protestations d'innocence, le pauvre Hugonell fut pendu sur-le-champ.

Ses parents poursuivirent cependant leur pérégrination à Compostelle, et au retour, s'arrêtèrent à Santo Domingo où, miracle, leur fils pendu était toujours bien vivant. Ils se précipitèrent chez le juge pour raconter le prodige. Incrédule, ce dernier répondit qu'ils les croirait si le coq et la poule, rôtis, qu'il s'apprêtait à déguster, se mettaient à chanter... ce que les volatiles firent aussitôt en sautant du plat!

En souvenir de cet évènement, un coq et une poule vivants ( toujours de couleur blanche) sont exposés toute l'année dans la cathédrale. Ils proviennent de dons et sont remplacés chaque mois.

"Sur le chemin de Compostelle" de Patrick Huchet et Yvon Boëlle

dimanche 27 juillet 2008

CURIOSITÉS




LES RÉSINIERS LANDAIS


Il semble qu'on puisse organiser la société landaise du XVII siècle selon le schéma suivant:
au sommet trônent les propriétaires industriels, ensuite viennent les métayers-agriculteurs, enfin les bergers. Les artisans des villes, dont les revenus sont très variables, n'échappent au prolétariat que s'ils sont propriétaires de terres.
Les résiniers, quant à eux, forment une sous-caste misérable.

Claude MASSE écrivait en 1715 :

" Les résiniers les plus aisés ont quelques cochons, chèvres, vaches bourriques, petits chevaux et quelques ruches à miel qui est le plus grand revenu du pays;
...Il ont peu de volailles parce qu'elle se perd dehors où les renards , fouines, oiseaux de rapine les mangent; les œufs de ces volailles sont d'un mauvais goût et sentent la résine
... Les résiniers se nourrissent aussi mal qu'ils sont habillés, ne mangeant que du très mauvais pain de seigle et quelque peu de bled (maïs) d'Espagne; il font de la soupe avec de l'eau et du sel et pour graisse de l'huile d'olive puante, qu'ils trouvent la meilleure, et quand ils ont de l'ail ou de l'oignon pour manger avec leur pain, ils s'estiment très heureux; ils mangent peu de viande;
quand ils viennent de Bordeaux, ils achètent un pain blanc qu'ils mangent avec leur pain noir au lieu de fromage ou de viande, et quand ils voient quelqu'un manger le pain seul, sans le mesler avec le pain noir, ils les appellent "gourmandasses qui mangent le choigne( petit pain fantaisie de farine fine) sans pain" c'est- à -dire gourmand qui mange son pain blanc seul sans le mêler au noir plus mauvais; ils mangent généralement tout à l'huile, comme il est dit cy-devant et ils disent de l'autre huile : "ah quel oli ne vau rien, en san pas", qui veut dire : quelle huile! Elle ne vaut rien parce qu'elle ne sent pas; ce qui est très mauvais râgout pour les pauvres étrangers".

L'Almanach du Landais.

Claude Masse (1706-1757) Ingénieur et Cartographe de Louis XIV.
L'orthographe, la grammaire et la syntaxe du texte ont été respectées

dimanche 6 juillet 2008

CURIOSITÉS

ÉDOUARD MANET ...

Pourquoi avoir peint une asperge
?


En 1880, Manet vend 800 francs, à Charles Ephrussi, un tableau représentant une botte d'asperges. Son collectionneur, ami et défenseur lui envoie 1000 francs. Manet lui répond, non sans humour, par ce tableau, accompagné d'un petit mot :" Il en manquait une à votre botte."





dimanche 15 juin 2008

CURIOSITÉS


LE POTAGER AU TEMPS DE CHARLEMAGNE.


Les potagers, tout comme les champs de céréales, sont clos et bien clos, afin que les prédateurs- hommes et bêtes- ne puissent y pénétrer. Ces clôtures sont généralement élevées atteignant la poitrine ou le menton d'un homme. Ce sont, le plus souvent, des palissades, des treillis de planches, ou des entrelacs de baguettes maintenues par des pieux fichés en terre.

Que trouve- on dans ce potager?

-Les légumes- grains - ou légumineuses ou légumes secs - compléments indispensable des céréales. En premier lieu : le haricot sec, le fayot véritable ou mojette (mongette), bannette des Provençaux, loubia des Arabes.
Puis la lentille et le pois ainsi que le pois- chiche, la fève, le lupin et le fenugrec, ce dernier considéré également comme un médicament.

-Les racines et les bulbes dont le rôle, indispensable à l'équilibre alimentaire, était déjà connu au Moyen-Âge. On trouve le chou-rave et le navet, la carotte, le panais, le maceron et le radis. Certainement l'échalote, l'ail, l'oignon et le poireau.

-Les herbes-à-pot et les salades qui participent plus particulièrement à la confection des soupes, c'est-à dire au pain trempé dans leur bouillon. Sont utilisées les blettes, forts différentes de celles que nous connaissons de nos jours, mauve, chou, moutarde, arroche poussant sur les sols salés, chicorée, roquette, laitues, bourrache...
Plus étonnant, la bardane, considérée de nos jours comme un mauvaise herbe, était non seulement cultivée mais consommée au même titre que le chardon.

-Les cucurbitacées comme le melon, le concombre et le cornichon. Également la coloquinte et la gourde.

-Les condimentaires en grand nombre utilisées souvent comme médicaments. La ciboulette et peut-être ciboule, aneth, cerfeuil, persil, ache -ancêtre de nos céleris- carvi, tanaisie, coriandre, cumin, fenouil, livèche, menthes, herbe-aux-chats, nigelle, pavot, anis, sauge, sclarée, sarriette, romarin, lavandes, hysope, rue...

On constate donc qu'à de notables exceptions près, telles que le maceron et la mojette, les plantes du potager carolingien peuvent encore se rencontrer, bien que sous formes plus élaborées, dans le potager actuel. Cependant, notre potager s'est enrichi, depuis l'époque des Grandes découvertes, d'apports orientaux et américains qui en modifient considérablement la physionomie.

Claude-Charles MATHON
" Le potager au temps de Charlemagne"
Les quatre saisons du jardinage ( nom actuel : Les 4 saisons du jardin bio).
Revue nº 46

vendredi 30 mai 2008

CURIOSITÉS


BOURVIL A CHANTÉ : Salade de fruits.


Ta mère t'a donné comme prénom
Salade de fruits, ah! quel joli nom
Au nom de tes ancêtres hawaïens
Il faut reconnaitre que tu le portes bien

Salade de fruits, jolie, jolie, jolie
Tu plais à mon père, tu plais à ma mère
Salade de fruits, jolie, jolie, jolie
Un jour ou l'autre il faudra bien
Qu'on nous marie

Pendus dans ma paillote au bord de l'eau
Y a des ananas, y a des noix de cocos
J'en ai déjà goûté je n'en veux plus
Le fruit de ta bouche serait le bienvenu

Je plongerai tout nu dans l'océan
Pour te ramener des poissons d'argent
Avec des coquillages lumineux
Oui mais en échange tu sais ce que je veux

On a donné chacun de tout son cœur
Ce qu'il y avait en nous de meilleur
Au fond de ma paillote au bord de l'eau
Ce palmier qui bouge c'est un petit berceau

Salade de fruits, jolie, jolie, jolie
Tu plais à ton père, Tu plais à ta mère
Salade fruits, jolie, jolie, jolie
C'est toi le fruit de nos amours !
Bonjour petit !


Chanson de BOURVIL
Paroles: Noël Roux
Musique:Armand Canfora et Noël Roux
Année:1959 .Warner Chappell Music France

samedi 24 mai 2008

CURIOSITÉS

À TABLE LOUIS-DIEUDONNÉ !

Midi!
Le roi s'installe devant sa petite table carrée, dans sa chambre, face à sa fenêtre. La foule des courtisans est accourue, elle n'a rien dans l'estomac, elle! Elle va se nourrir du spectacle du monarque attrapant de ses mains prestes les viandes qui vont être portées à sa bouche avec une gourmandise gloutonne inégalable.
Point de fourchette, ça se passe comme ça chez Louis XIV!
Et pourtant, ce n'est pas une restauration rapide: plus de 400 personnes ont préparé le repas royal qui va être convoyé jusqu'à la table à grand renforts de fifres, de tambourins, de maîtres d'hôtel, de gentilshommes servants, de gentilshommes tranchants, d'écuyers, d'échansons...

Et que mange le roi?
Retenez un instant votre souffle... Devant vous le roi va manger- en partie, mais quand même!-:
du potage de tortue, de la bisque de pigeonneaux, du potage de mouton aux navets, de la queue de mouton aux figues, de la cuisse de chevreuil, du poulet d'inde à la framboise, du cochon à la dombe, du poupeton-du ris de veau avec des crêtes de coq et de la viande hachée-; du héron, du faisan, de la gélinotte, du dos de sanglier, du faon;
voici les entremets, c'est -à- dire ce qui est servi entre les mets les plus copieux : de la tétine de vache, de l'oreille de cerf, du foie de chevreuil, des beignets de moelle!
Attendez, ce n'est pas terminé, il reste le dessert!
On apporte des confitures au parfum, des tourtes au musc, de la crème à l'ambre, des pralines.
Fin du repas de midi.
Le roi mangera-t-il ce soir?
Bien sûr, à dix heures: douze pigeons, trois chapons, six poulets, du veau, des poulardes, un faisan, des perdrix... Tout cela arrosé des vins les plus fins!
Et tous les matins, Louis se plaint d'avoir fait des cauchemars dans la nuit.

"Histoire de France"
Jean-Joseph Julaud
First Ed.

jeudi 8 mai 2008

CURIOSITÉS

MENÚ

Huitres au Naturel
POTAGES
Creme de volaille a la Royale
FRITURES
Cotelettes de volaille Princesse
RELEVÉS
Loup à la normande
ENTRÉES
Salmi de Perdreaux chasseur
Filet à la Godard
LEGUMES
Petits pois a la française
ROTS
Chapon de la Bresse trufés
ENTREMETS
Biscuits Glacés a la Parisienne
Dessert assorti

26 Noviembre 1885

Service du Restaurant Martin

"En la segunda mitat del siglo XIX la cultura francesa se impuso en Europa. La corte madrileña, regida por Borbones, fue particularmente sensible a esta influencia.
Nos tememos que algún superviviente de la guerra de Independencia, ante un banquete cuyo menú aparecía redactado en francés, sufriera una indigestión, aunque no por motivos gastronómicos."
El libro de la cocina española, gastronomia e historia.
Néstor Lujan y Juan Perucho

"Dans la seconde moitié du XIX siècle, la culture française s'imposa en Europe. La cour madrilène, régie par les Bourbons, fut particulièrement sensible à cette influence.
On craint
fort qu'un survivant de la guerre d'Indépendance, devant un tel banquet, dont le menu était rédigé en français, souffre d' indigestion, mais certainement pas pour motifs gastronomiques."

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